Temoignage d’une Marraine

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Je ne sais par où commencer, peut être par le jour où j’ai contacté Mme Bennour pour lui demander des informations concernant SOS et les procédures de parrainage. Je lui ai exprimé mon désir de parrainer un enfant, mais j’avais une petite demande particulière, c’était de me permettre de choisir un enfant. Je savais très bien que ma demande était contre la politique de SOS Villages d’enfants, mais quand j’ai expliqué les raisons à Mme Bennour elle a été d’une collaboration extrême.

On sait tous que les enfants de SOS Villages n’ont pas vraiment connu une enfance normale, ont souffert des injustices de la vie, mais certains ont la vie plus dure que d’autres. C’était bien le cas de Hanene, la petite fille que j’ai choisie comme filleule, car elle souffre d’un handicap qui l’accompagne depuis sa naissance: un sévère problème de surdité.

Ma relation avec Hanene était résumée dans le montant mensuel du parrainage et quelques cadeaux pour la rentrée scolaire.

Jusqu’au jour où je décide de connaitre ma filleule un peu plus. En posant des questions à Mme Bennour, j’apprend qu’elle a 2 soeurs, l’aînée ne souffre de rien, mais la cadette a, tout comme Hanene, un problème d’ouïe. Agées respectivement de 7 et 5 ans, Hanene et Hiba n’arrivaient pas à évoluer comme les autres enfants et à vivre une enfance normale.

Pour moi ça faisait trop de malheur à supporter pour ces 2 soeurs.

3 semaines avant les vacances scolaires, je demande à Mme Bennour si c’était possible de faire un transfert temporaire de Hanene et Hiba du village de Siliana à celui de Gammarth, car je leur ai pris des RDV chez un ORL, une orthophoniste, une audioprothésiste .. etc.

J’ai été agréablement surprise par la souplesse et collaboration des directeurs des villages Gammarth et Siliana, et la rapidité avec laquelle ma demande a été traitée.

Le jour J, les 2 soeurs m’attendaient au village Gammarth. 2 boules de bonheur et de tendresse, j’ai été comblée de câlins et de baisers!

Premier RDV chez le ORL, tous les tests nécessaires, obligatoires et optionnels ont été faits. Une surprise nous attendait, le docteur et moi: Hiba, la petite, ne souffre de rien, absolument rien. par la suite, j’ai compris (et elle m’a avoué) qu’elle faisait semblant d’être sourde pour soutenir sa soeur et ne pas la laisser seule dans son isolement. Nous, les adultes, on a beaucoup à apprendre des enfants..

Puis vient la mauvaise nouvelle, les canaux auditifs de Hanene sont tellement étroits qu’elle n’arrive pas à entendre. Un scanner et des tests plus approfondis ont été demandés par le docteur.

RDV pris quelques heures après à la clinique, Hanene a montré un courage d’adulte pendant qu’on lui faisait le scanner et s’est même fait des amitiés auprès des infirmiers et patients!

Le résultat est remis à l’ORL, il me confirme que Hanene doit se faire opérer mais ça sera pour plus tard, quand elle grandira un peu plus. Mais pour le moment, une audioprothèse est plus qu’une obligation pour la libérer de son handicap.

Durant nos moments libre, loin des médecins et des analyses, on a pu profiter de notre temps, les filles et moi. une déconnexion totale de la vie, j’ai été emportée dans un monde de tendresse, de câlins, de fous rires et d’innocence, grâce à Hanene et Hiba.

Dernier RDV médical de la semaine était chez l’audioprothésiste. L’empreinte auditive de Hanene prise avec grande difficulté à cause de ses canaux étroits, une heure plus tard, on était entrain de lui poser ses prothèses..

Les mots m’échappent et je n’arrive pas à formuler une phrase qui peut exprimer correctement l’intensité de ce moment.

Prothèses posées et réglées, le médecin me fait signe de parler à Hanene doucement et sans lever la voix (comme j’avais l’habitude de faire pour qu’elle m’entende).

« Hannouna » (c’est tout ce que j’ai réussi à dire)

un silence muet qui a duré quelques secondes, j’observais le visage de Hanene.

un sursis, elle regarde autour d’elle, déboussolée, puis me fixe du regard, rit avec les larmes au bord des yeux et dit « Hanene , Tata » et elle me tient la main puis m’embrasse.

Sur le chemin de retour au village, Hanene n’a pas arrêté de chanter, à sa manière, dans toute sa splendeur et innocence, elle me remplissait de joie et de bonheur.

Au moment de la déposer au village, Hanene me dit « Tata, Hanene, Hiba, Fatima » pour elle, on était une famille.

Quelques jours après j’ai revu mes filleules (oui, Hiba aussi est désormais ma filleule) sur skype, on a rigolé, elles ont chanté pour moi et m’ont envoyé plein de bisous.

Le directeur du village m’a confirmé que Hanene est devenue beaucoup plus épanouie, qu’elle évolue, que Hiba sa soeur ne fait plus la sourde oreille en la présence de sa soeur, et qu’elles vont bien.

 

Je ne remercierai jamais assez toutes les personnes qui ont contribué à la délivrance de Hanene (et Hiba aussi): médecins, infirmiers et aussi les responsables de SOS Villages d’enfants.

Et ma reconnaissance la plus grande, la plus profonde à mes 2 filleules Hanene et Hiba, qui dans leur simplicité et innocence, m’ont appris une belle leçon de vie.

 

 

Amicalement,

Y.M

 

Temoignage d’une Marraine

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